Burgart’s Blog

« … D’efficaces narrativités promptes à l’échange massifié par l’entremise des médias globalisés, qui perforent utilement, ici et là, pour un temps, l’horizontalité du monde »

4 novembre 2009 · Un commentaire

« … D’efficaces narrativités promptes à l’échange massifié par l’entremise des médias globalisés, qui perforent utilement, ici et là, pour un temps, l’horizontalité du monde » Ou encore : « changer les paradigmes du dedans et du dehors, en déterritorialisant l’un et l’autre, à l’intérieur du global indépassable… »

Thésard en philosophie ou en sociologie ? Pas du tout ! La personne qui a écrit ces phrases est le créateur et directeur de la Biennale de Lyon, Thierry Raspail et ces extraits sont tirés de sa préface. Et ce ne sont pas les seuls passages incompréhensibles. Pourtant on parle d’art contemporain, d’œuvres parfois d’une simplicité déconcertante (animaux en plastiques reproduits en série dans des couleurs criardes par exemple…..). Alors de là à penser que plus l’œuvre est insignifiante et dénuée de sens, plus on se doit de la doter d’un discours redondant et prétentieux, il n’y a qu’un pas…que je ne franchirai néanmoins pas, par respect pour un certain Art Contemporain qui reste sensible, compréhensible et émotionnel.

Cette réflexion sur le « parler » de l’Art Contemporain, est très bien explicité dans un dossier de Pierre Souchard dans le numéro 97 du magazine Artension : « Depuis les années 70, les philosophes, sociologues et autres intellectuels se sont emparés du discours sur l’art, réservé auparavant aux artistes, écrivains, historiens et journalistes. Depuis, moins les œuvres sont sensibles, plus certains développent alentour un épais nuage de vocabulaire alambiqué. Le public, humble, fait profil bas, de peur de passer pour un idiot. Résultat ? Depuis les abus de langages se multiplient, insupportables, prétentieux, stériles. » Dans la suite de l’article, Martine Salzmann décortique le discours de Thierry Raspail en une véritable explication de texte, faisant ressortir les non-sens, l’hermétisme et la non-cohérence.

La lecture de ce numéro d’Artension devrait être donnée en prescription médicale à tous ceux qui ce sont un jour sentis exclus de cette classe, ou plutôt caste, qui sait que dernière un « chicken jaune fluo en plastique » se cache une œuvre profonde et pleine de sens à côté de laquelle  le radeau de la méduse fait figure d’image de calendrier ! A lire donc, c’est bon pour son estime de soi …

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Cranach : un étrange regard…

8 octobre 2009 · Laisser un commentaire

La préparation d’un cours de peinture m’a amené à explorer l’œuvre de Cranach.

Ils sont deux : père et fils, comme l’étaient Filippo et Filippino Lippi, Holbein le jeune et  le vieux, Bruegel ….

Ces transmissions de savoir et de savoir-faire étaient assez courant à cette époque. Peut-être pouvons nous mettre ces pratiques en parallèle avec les dynasties actuelles dans l’audiovisuel et le cinéma. Ce qui est étonnant, c’est que la passation s’arrête à une génération. Que sont devenus les fils des « fils de ? » En peinture, on n’en trouve pas.

 

La tête légèrement penchée, un sourire intérieur effleurant la toile et un étrange regard en coin, plutôt inexpressif …voilà les constantes dans les personnages féminins de Cranach l’ancien. Les corps sont diaphanes, ondulants… On peut y voir une  persistance du gothique ou une participation au maniérisme international.

venusUne grâce un peu perverse, un érotisme toujours présent. Presque un demi-siècle plus tard, en 2008, une affiche montrant la vénus nue, destinée à promouvoir une exposition Cranach à la Royal Academy of Arts de Londres fut censurée. L’œuvre, conservée au Musée de Francfort, n’a pas été du goût de la London Underground, jugeant qu’elle était une offense à la pudeur. Pour justifier sa décision, elle a cité son règlement en matière d’affichage, qui bannit toute publicité «montrant des hommes, des femmes ou des enfants d’une façon sexualisée, ou montrant des corps à moitié ou totalement dénudés dans un contexte ouvertement sexuel. Au final, la décision d’interdire l’affiche fut annulée.

Etrange regard, étrange aussi le plaisir du peintre à représenter ces femmes si jeunes et si graciles avec une épée, un couteau… Cranach a peint 4 versions de Judith et Holopherne. L’histoire biblique : une ville assiégée, une belle et riche veuve qui par son pouvoir de séduction décapite l’adversaire et sauve ainsi sa ville. D’autres peintres ont représenté cette histoire. Souvent de manière plus pudique quand à la tête du tyran. Cranach nous montre Judith la tête dans une main, l’arme tranchante encore chaude dans l’autre.

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melancolieSa mélancolie, éclatante de couleur dans sa robe rouge, dans une dynamique de légèreté aérienne. Toutes les lignes du tableau convergent vers le menu sein de cette jeune et jolie personne. Portant de travers une couronne d’épines, elle taille une verge de bois. Toujours cet  érotisme teinté de dangerosité. Ce tableau se trouve au musée de Colmar.

Finalement, je vais retenir de cette visite dans l’univers de Cranach, la douceur des visages et un peu oublier le côté tranchant de ces belles! Je vais proposer à mes élèves une copie de la tête de la première Judith…juste la tête…

Biographie de Cranach :

 http://arts.fluctuat.net/lucas-cranach-l-ancien.html

Sur la censure de l’affiche :

http://www.liberation.fr/actualite/010129329-la-venus-nue-de-cranach-autorisee-a-prendre-le-metro-de-londres

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Serge Van de Put

22 septembre 2009 · 2 commentaires

Un sculpteur animalier pas comme les autres.

Dans les rues du vieux Lille, une très jolie galerie : ARTOP. Un sculpteur original : Serge Van de Put. Son originalité réside dans l’utilisation exclusive de pneus en tous genres  (du vélo au camion…) pour en faire des animaux grandeur nature pour certains (dont une girafe).

Quel que soit le matériaux, l’artiste qui rend sa chose animée, au sens ayant une âme a réussi son coup. Ses chiens, animaux familiers pour la plupart d’entre nous, on a l’impression de les connaître. Je suis persuadée que le collectionneur pense plus à une adoption qu’à un achat lorsqu’il sort son carnet de chèque. J’en aurai bien adopté un, peut-être celui qui se couche sur le côté en position de dominé, mais mes chats Vasco et Rapso n’auraient pas apprécié cette intrusion dans leur monde félin.

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Serge Van de Put est belge, né à Anvers… et pour en savoir plus, rendez-vous sur son site internet : www.sergevandeput.com

 Pour contacter la galerie ARTOP : www.artop.fr

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Les dents du lion de Belfort à Lille…

19 septembre 2009 · Un commentaire

…ou comment visiter un Musée des Beaux-Arts ( celui de Lille en l’occurence) sans mourir d’ennui…stratégies et pièges à éviter!

IMG_0050Tout d’abord : se boire un jus au café du musée. Souvent ces lieux sont classes et agréables. En profiter pour dresser un plan d’attaque. Pour cela : plans, dépliants, actualités pris à l’accueil du musée. Se donner un objectif idiot : genre vérfier la dentition du lion de belfort. (oui, il y a une réplique du lion de Belfort à l’intérieur du musée de Lille…pas taille réelle heureusement !). Déterminer ses priorités et prévoir des « invendus » : genre fléchettes des hauts plateaux de Papouasie datant de -3500 ans…

Une fois le plan mis en place : à l’action : droite….gauche, couloir puis escalier puis traverserIMG_0052 une grande salle, puis à gauche, et à nouveau à gauche et….horreur, la pièce que vous voulez visiter est envahie. De quoi me demanderez-vous ? De visiteurs ? Pourtant, dans ces musées, en semaine, seuls quelques retraités de l’éducation nationale, sac à dos, semblent s’intéresser aux descentes de croix et aux apparitions de l’ange Gabriel… alors…

alors …des dizaines de mômes, plus ou moins calmes, écoutant  à peine des dames glapissantes, parlant d’une voix aigue et résonnante ! L’horreur ! ( disons que c’est très bien d’ammener les enfants au musée…donc on n’a dit rien….)

Bon, changement de stratégie : eviter ces regroupements…. du coup la photo des dents du lion de Belfort attendra. Vite, cherchons le joyau de ce musée : les deux tableaux de Goya : les jeunes et les vieilles…

Goya - les jeunes     IMG_0068
 En passant, un clin d’oeil pour un tableau de Jérôme Bosch, dont le titre ne manque pas d’intiguer : “le concert dans l’oeuf” ( je n’ai toujours pas tout compris…)
Jérôme Bosch - le concert dans l'oeuf

Jérôme Bosch - le concert dans l'oeuf

 Et un petit ravissement : ce coin de table de Vuillard
Vuillard - Bouquet de roses

Vuillard - Bouquet de roses

Puis retour au point de départ : les dents du lion! En passant, dans la salle des sculptures, on aura fait une halte devant des petits Rodins..c’est toujours bon à voir!IMG_0075

Les dents du lion

Les dents du lion

Conclusion : dentition parfaite! Nous pouvons quitter le musée et arpenter la vieille ville de Lille !

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ART PROTECT à la galerie Yvon Lambert

8 septembre 2009 · Laisser un commentaire

Galerie Yvon Lambert

Galerie Yvon Lambert

Organisé par Didier Gourvennec Ogor, cette deuxième édition d’ART PROTECT s’est déroulée samedi 5 et dimanche 6 septembre à la Galerie Yvon Lambert, rue Vieille du Temple à Paris. En arrivant vers 11h (l’évènement commençait à 10h), j’ai croisé dans la rue de nombreuses personnes avec dans la main une grande enveloppe blanche contenant les petites œuvres achetées. C’est dire si les collectionneurs s’étaient levés tôt…(plus que certains artistes !). Il faut dire que cet évènement est d’un concept tout à fait original : aucune signature ne doit figurer au recto de l’œuvre…ainsi donc les collectionneurs se doivent de rechercher leurs favoris, au risque en passant d’avoir un coup de cœur pour un inconnu…

Sur la liste des artistes exposés…Daniel Buren, Danielle Burgart se suivent ( mais ne se ressemblent pas !).

BurgartIMG_0641IMG_0642
Burgart

Dans l’espace magnifique de la Galerie Yvon Lambert, environ 900 petites œuvres d’un format 10×15cm, accrochées rigoureusement. Didier et les membres d’AIDES, gantés de blanc, décrochent au fur et à mesure…

L'un des murs

L'un des murs

Espérons que dimanche soir, le mur était vide…le montant des ventes étant reversé en totalité à AIDES.

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