Burgart’s Blog

La foule plutôt que l’individu

9 février 2010 · Laisser un commentaire

La foule plutôt que l’individu…

Le point commun entre un défile de mode et un salon AAF (Affordable Art Fair ) d’ Art Contemporain ?
C est la  » tendance ».
Cette année par exemple, on peut dire que le chien est en baisse, la vache complètement has been et l’individualité disparaît au profit d’une foultitude de petits personnages sans identité propre. En quelque sorte c’est l’humain vu du ciel : une armée de playmobile plantés dans des espaces anonymes…
Est-ce la mondialisation de plus en plus présente qui nous donne le sentiment d’ être 
infiniment petit? Ou encore notre impuissance face a toutes les catastrophes climatiques qui s’abattent sur planète?   Humilité, impuissance, anonymat…si même l’artiste n’arrive plus à se percevoir comme une personnalité propre, forte, présente dans le monde et lui faisant face, à qui donc appartient l’avenir ?

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Une promenade virtuelle dans la Chine ancienne…

4 février 2010 · Laisser un commentaire

Un tableau chinois peint vers 1085-1145, pendant la  Dynastie des Song  du nord. Il mesure 5m28 de large et 24,8 cm en  hauteur.  
Il est considéré comme un des Grands Trésor de Chine.
Prenez  votre temps et  promenez-vous  dans ce long tableau. – Déplacez le curseur de long en large, de chaque côté du centre. Pour arrêter le défilement et bien regarder, ramenez le curseur de la souris au centre de l’écran. 

    PS : Contrôlez la vitesse de déplacement avec votre  souris (ralentir en allant vers le centre du tableau). 
N’oubliez pas de cliquer à  l’intérieur des carrés  blancs et mettez le son. 
Et maintenant cliquez sur le lien suivant et bonne découverte : 
http://www.npm.gov.tw/exh96/orientation/flash_4/index.html

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Du plein art à Londres

6 janvier 2010 · Un commentaire

Certes les soldes à Londres sont interessantes… mais pour ceux qui arrivent à ne pas être des « fashion victim », il y aussi de l’art, avec des musées dont les colletions permanentes sont « free admission ».  

Actuellement à la Tate Modern, une oeuvre captivante de Miroslaw Balka.

Au début, on ne voit qu’un énorme container en fer rouillé, posé sur des pilotis dans l’immense « Turbine Hall » de la Tate Modern. L’énormité de la chose nous écrase. Est-ce une œuvre, un contenant sans contenu, un leurre ? Intrigués, nous le contournons…tiens, on peut entrer dedans….et là vous êtes happés par l’expérience du noir. Le noir immense, intense. Plus vous vous enfoncez  plus le noir se fait dense. On ne sait même pas si on a peur, on tend le bras au cas où ….On se sent envahi d’une notion d’inconnu, d’infini. Presque déçus de rencontrer le mur du fond qui va nous faire faire demi-tour, nous retourner vers la lumière, le réel, le fini et le connu.

Ca ne dure pas longtemps, c’est rapide, efficace, c’est fort.

Une vraie œuvre d’art.

En savoir plus :  http://channel.tate.org.uk/media/47872674001

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« … D’efficaces narrativités promptes à l’échange massifié par l’entremise des médias globalisés, qui perforent utilement, ici et là, pour un temps, l’horizontalité du monde »

4 novembre 2009 · 3 commentaires

« … D’efficaces narrativités promptes à l’échange massifié par l’entremise des médias globalisés, qui perforent utilement, ici et là, pour un temps, l’horizontalité du monde » Ou encore : « changer les paradigmes du dedans et du dehors, en déterritorialisant l’un et l’autre, à l’intérieur du global indépassable… »

Thésard en philosophie ou en sociologie ? Pas du tout ! La personne qui a écrit ces phrases est le créateur et directeur de la Biennale de Lyon, Thierry Raspail et ces extraits sont tirés de sa préface. Et ce ne sont pas les seuls passages incompréhensibles. Pourtant on parle d’art contemporain, d’œuvres parfois d’une simplicité déconcertante (animaux en plastiques reproduits en série dans des couleurs criardes par exemple…..). Alors de là à penser que plus l’œuvre est insignifiante et dénuée de sens, plus on se doit de la doter d’un discours redondant et prétentieux, il n’y a qu’un pas…que je ne franchirai néanmoins pas, par respect pour un certain Art Contemporain qui reste sensible, compréhensible et émotionnel.

Cette réflexion sur le « parler » de l’Art Contemporain, est très bien explicité dans un dossier de Pierre Souchard dans le numéro 97 du magazine Artension : « Depuis les années 70, les philosophes, sociologues et autres intellectuels se sont emparés du discours sur l’art, réservé auparavant aux artistes, écrivains, historiens et journalistes. Depuis, moins les œuvres sont sensibles, plus certains développent alentour un épais nuage de vocabulaire alambiqué. Le public, humble, fait profil bas, de peur de passer pour un idiot. Résultat ? Depuis les abus de langages se multiplient, insupportables, prétentieux, stériles. » Dans la suite de l’article, Martine Salzmann décortique le discours de Thierry Raspail en une véritable explication de texte, faisant ressortir les non-sens, l’hermétisme et la non-cohérence.

La lecture de ce numéro d’Artension devrait être donnée en prescription médicale à tous ceux qui ce sont un jour sentis exclus de cette classe, ou plutôt caste, qui sait que dernière un « chicken jaune fluo en plastique » se cache une œuvre profonde et pleine de sens à côté de laquelle  le radeau de la méduse fait figure d’image de calendrier ! A lire donc, c’est bon pour son estime de soi …

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Cranach : un étrange regard…

8 octobre 2009 · Laisser un commentaire

La préparation d’un cours de peinture m’a amené à explorer l’œuvre de Cranach.

Ils sont deux : père et fils, comme l’étaient Filippo et Filippino Lippi, Holbein le jeune et  le vieux, Bruegel ….

Ces transmissions de savoir et de savoir-faire étaient assez courant à cette époque. Peut-être pouvons nous mettre ces pratiques en parallèle avec les dynasties actuelles dans l’audiovisuel et le cinéma. Ce qui est étonnant, c’est que la passation s’arrête à une génération. Que sont devenus les fils des « fils de ? » En peinture, on n’en trouve pas.

 

La tête légèrement penchée, un sourire intérieur effleurant la toile et un étrange regard en coin, plutôt inexpressif …voilà les constantes dans les personnages féminins de Cranach l’ancien. Les corps sont diaphanes, ondulants… On peut y voir une  persistance du gothique ou une participation au maniérisme international.

venusUne grâce un peu perverse, un érotisme toujours présent. Presque un demi-siècle plus tard, en 2008, une affiche montrant la vénus nue, destinée à promouvoir une exposition Cranach à la Royal Academy of Arts de Londres fut censurée. L’œuvre, conservée au Musée de Francfort, n’a pas été du goût de la London Underground, jugeant qu’elle était une offense à la pudeur. Pour justifier sa décision, elle a cité son règlement en matière d’affichage, qui bannit toute publicité «montrant des hommes, des femmes ou des enfants d’une façon sexualisée, ou montrant des corps à moitié ou totalement dénudés dans un contexte ouvertement sexuel. Au final, la décision d’interdire l’affiche fut annulée.

Etrange regard, étrange aussi le plaisir du peintre à représenter ces femmes si jeunes et si graciles avec une épée, un couteau… Cranach a peint 4 versions de Judith et Holopherne. L’histoire biblique : une ville assiégée, une belle et riche veuve qui par son pouvoir de séduction décapite l’adversaire et sauve ainsi sa ville. D’autres peintres ont représenté cette histoire. Souvent de manière plus pudique quand à la tête du tyran. Cranach nous montre Judith la tête dans une main, l’arme tranchante encore chaude dans l’autre.

judith4  judith  judith2  judith3

melancolieSa mélancolie, éclatante de couleur dans sa robe rouge, dans une dynamique de légèreté aérienne. Toutes les lignes du tableau convergent vers le menu sein de cette jeune et jolie personne. Portant de travers une couronne d’épines, elle taille une verge de bois. Toujours cet  érotisme teinté de dangerosité. Ce tableau se trouve au musée de Colmar.

Finalement, je vais retenir de cette visite dans l’univers de Cranach, la douceur des visages et un peu oublier le côté tranchant de ces belles! Je vais proposer à mes élèves une copie de la tête de la première Judith…juste la tête…

Biographie de Cranach :

 http://arts.fluctuat.net/lucas-cranach-l-ancien.html

Sur la censure de l’affiche :

http://www.liberation.fr/actualite/010129329-la-venus-nue-de-cranach-autorisee-a-prendre-le-metro-de-londres

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