Un dimanche d’hiver à Nevers, froid et maussade, une semaine avant Noêl. Rues marchandes bondées, partout ailleurs la ville est triste et déserte. La cathédrale, massive, sa tour carrée masquée par des échafaudages, semble sombre et austère. Et pourtant : à l’intérieur une explosion de couleurs, de vie : ce sont ses vitraux contemporains et en particulier ceux de Jean-Michel Alberola.
Jean-Louis Pradel : « Alberola égare le voyeur dans une forêt d’éléments hétérogènes qu’accompagnent une dédicace lointaine, des imprimés, des photos, tout un arsenal qui brouille le sens en faisant semblant de l’établir et de le préciser ».
Détruits complètement lors de la dernière guerre, le projet de restauration des vitraux débute en 1960. Les questions sur le choix de ces vitraux sont soulevés par le ministère de la culture (fondé en 1959) : insertion d’œuvres contemporaines dans un patrimoine culturel, relation de l’esthétique et du sacré, confrontation des artistes avec les techniques du vitrail et du verre. Les premiers vitraux de Raoul Ubac sont réalisés entre 1977 et 1983. Suivent ceux de François Rouan, Gottfried Honneger, Claude Viallat et enfin Jean-Michel Alberola. Au final, plus de 30ans et 7 millions d’euros plus tard, l’inauguration a eu lieu en avril 2011.



